Couv-Orsay

Un soir à Orsay

La semaine dernière nous avons visité pour la énième fois le musée d’Orsay avec une soirée un peu spéciale : Un soir à Orsay. Tout comme le Musée du Louvre, Orsay se veut contemporain et souhaite donner aux jeunes le goût de la culture impressionniste mais pas seulement. Après Que vois-tu ? au Musée du Louvre que nous avions adoré, il fallait faire ces animations pour en savoir plus sur des tableaux immensément connus… ou pas !

C’est donc le visage confiant que nous nous sommes rendues au musée d’Orsay, jeudi 7 février. Pour cet évènement, les réseaux sociaux avaient bien relayé l’info et pourtant, nous n’avons pas tout le temps les yeux rivés sur des sites culturels. Il faut dire que la gratuité pour les 18-35 ans a certainement joué aussi dans le succès de cette édition. Je ne dis pas que les gens sont des ignorants, profitant à tout va des avantages ponctuels, mais pour une fois, une gratuité allant jusqu’à 35 ans incite davantage les gens à faire le déplacement, qui plus est après le boulot (les costards cravates étaient nombreux) et avec une foule beaucoup plus dispersée.

Un soir à Orsay Frélie

Donc le musée innove avec un pitch plutôt avenant : Pour ce nouveau rendez-vous le musée d’Orsay vous convie à venir découvrir le musée autrement à l’occasion de soirées thématiques, plus particulièrement dédiées aux 18-35 ans, mêlant visite, performances et rencontres. Pour ces deux nocturnes, des étudiants issus de l’École du Louvre, du cursus de médiation culturelle de Paris III et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris investissent les collections permanentes. Une soirée pour dialoguer avec eux autour d’une œuvre !
Les jeunes étaient postés devant l’œuvre choisie vêtus d’un tee-shirt jaune et noir, libre à nous de les accoster 🙂
Un soir à Orsay Frélie

Il se trouve que justement ce jeudi, Paris Match a mis le feu aux poudres avec une UNE qui a suscité l’engouement général de tous les médias. Je parle bien évidemment de l’Origine du monde de Courbet avec la découverte supposée de sa tête. Le hasard fait bien les choses puisque ce tableau se trouve précisément à Orsay et par chance, une jeune étudiante l’avait choisi. La pauvre, elle qui pensait avoir la bonne planque en se disant que peu de monde allait venir s’approcher de la toile pour en parler, ben c’était raté ! Étudiante à l’École du Louvre, elle nous raconte l’histoire de ce tableau et ses subterfuges associés pour le cacher aux yeux du monde. Bref nous récoltons des informations très instructives, nous parlons de la découverte du jour et de ses doutes quant à « la tête ». Il faudra attendre des analyses parce que Match comme source, c’est pas non plus du sérieux…

Après avoir déambulé dans une majeure partie du RDC et s’être informées sur des tableaux divers et variés, nous montons au 2ème pour d’autres explications. L’ambiance était tout autre avec de douces mélodies nous accompagnant. La « faute » à des musiciens postés devant des tableaux de Renoir. Il y avait d’abord une personne jouant de la flûte traversière devant le Bal du moulin de la Galette. Une bonne occasion pour se mettre dans l’ambiance de l’œuvre. L’autre groupe était composé d’un violoniste et d’un violoncelliste faisant de même devant les tableaux des couples dansant. À la fin de l’interlude, nous étions invités à nous rapprocher pour parler de l’œuvre.

Un soir à Orsay Frélie

Quelques petits arrêts devant d’autres tableaux et mon attention est détournée par un autre fait d’actualité : le taggage de la Liberté guidant le peuple à Louvre-Lens. Décidément quand on va à Orsay, il s’en passe des choses… L’heure de la fermeture approche et nous quittons le musée, yeux rivés sur Twitter…

Comme dit un peu plus haut, on ne peut que comparer ce qui se fait à Orsay et au Louvre puisque le but final est le même : le visiteur doit en apprendre davantage sur des œuvres auquel il ne daignerai même pas s’arrêter. Pour ce qui est de cette mission le contrat est brillamment rempli ! Cependant il y a eu un petit quelque chose qui manquait. Nous l’avons compris, c’étaient des étudiants aux profils variés mais, à condition soit d’avoir un sac « Musée du Louvre » sous le bras ou un violon, on ne savait pas trop à quelle spécialité nous avions affaire. Peut être est ce un nouvel exercice qui demande une mise en avant un peu plus soutenue que devant une classe, nous avons décelé une certaine timidité chez certain d’entre eux donnant lieu à des blancs un peu gênant (et c’est pas faute d’avoir fait des blagues). Il est vrai que lors de Que vois-tu ? au musée du Louvre, les étudiants s’étaient confectionnés des objets en rapport avec leurs spécialités; ils pouvaient s’appuyer largement dessus. Pour les étudiants de l’École du Louvre, le choix est beaucoup plus restreint si on enlève les polycopiés et autres tableaux imprimés. Il faut une certaine prestance que les guides possèdent avec le temps pour capter notre attention…


Nous mettons donc cette aparté sur le compte de la jeunesse et de l’inexpérience. En tout cas merci à eux de nous avoir fait apprendre davantage et bravo au musée d’Orsay pour cette initiative !

 

L’info en +
Un nouvelle session avec les jeunes médiateurs culturels est prévue demain 14 février. On conseille à tous ceux qui ne seront pas en train de compter fleurette (St Valentin oblige…) d’aller y faire un tour !

 

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Fré

Fré

Fré est la caution historique de Frélie. Elle est passionnée par l'Histoire de France, par la photo et par le partage de ces découvertes. Vous la croiserez certainement déambulant dans un musée avec son appareil photo à la main (ou son smartphone pour prendre des photos en cachette).

5 commentaires

  • Laura
    13 février 2013 à 18 h 57 min

    Bonjour,
    N’hésitez pas à dire aux étudiants de l’Ecole du Louvre que leur médiation pourrait être mieux et à leur donner des conseils, sur place, plutôt que d’écrire après coup sur votre blog que leur prestation relevait de l’inexpérience. Ils sont là-bas pour apprendre (en plus d’être non payés).

    • Frélie
      Frélie
      13 février 2013 à 22 h 44 min

      Bonjour Laura, merci pour votre remarque.
      Nous leur avons bien sûr posé des questions sur l’œuvre choisie ou sur leur formation de manière à dialoguer et en apprendre plus. Il va s’en dire que nous n’étions pas muettes comme des carpes 😉 Lorsque nous parlions dans notre article d’inexpérience ce n’était pas du tout un reproche mais plutôt un constat et une comparaison avec notre expérience au Louvre. Il faut bien que les étudiants apprennent à s’exprimer avec un public varié – d’ailleurs chapeau à l’étudiante d’origine japonaise qui a expliqué « La Pie » à une de ses compatriotes dans sa langue maternelle. Nous ne nous attendions pas à des orateurs avertis. Nous savons que la prise de parole en public est un exercice difficile pour en avoir fait de multiples fois l’expérience lorsque nous étions nous même étudiantes (et c’était il n’y a pas si longtemps).
      Tout ça pour dire que c’est le jeu de ces manifestations ; nous nous y sommes pliées avec beaucoup de joie et nous espérons qu’elles continueront car c’est toujours une réussite !

  • tristesse
    14 février 2013 à 12 h 41 min

    Que signifie « à condition soit d’avoir un sac « Musée du Louvre » sous le bras ou un violon, on ne savait pas trop à quelle spécialité nous avions affaire ». N’ayant ni sac ni violon j’ai pourtant eu beaucoup de plaisir à discuter avec des conservateurs, des étudiants de tout bords et des personnes d’un certain âge, sans problème.

    Ma spécialité n’a en aucun cas joué un rôle dans ma prestation cependant l’importance du lieu nous a contraint à une certaine retenue et a pu impressionner quelques-uns d’entre nous. Venant de Paris III ( et oui ! ) j’ai pu discuter de mon parcours et des études, que je défends bec et ongles, avec ceux, qui n’écriront peut être rien, mais ce sont intéressés à nous en tant que personne et ce sans vérifier quel est le logo de notre carte étudiant.

    • Frélie
      Frélie
      14 février 2013 à 13 h 12 min

      Bonjour,

      Il semble que nous nous sommes mal compris lorsque nous parlons de savoir de quelle spécialité provenait les étudiants présents ou les raisons du choix de leur œuvre. Nous souhaitions avoir cette information non pas pour opérer une quelconque sélection mais plutôt pour comprendre la démarche de l’étudiant et l’éclairage particulier qu’il apporte à l’œuvre. Ainsi je ne sais pas si les personnes qui jouaient de la musique provenaient d’une formation musicale ou s’ils venaient de l’École du Louvre par exemple mais que le violon était leur hobbies. Selon le cas, je leur poserai plutôt des questions orientées vers la musique ou sur l’histoire de l’art… Contrairement à vous, je pense que la spécialité d’un étudiant à un rôle important, et c’est d’ailleurs là la richesse de ce type de nocturne. Ainsi, pour moi, un étudiant en design n’aura pas la même approche d’une œuvre qu’un étudiant en histoire de l’art ou en muséologie, et c’est un véritable plus de pouvoir rencontrer cette diversité !
      Je suis ravie que vous ayez pu discuter avec de nombreuses personnes, peut-être nous sommes nous d’ailleurs rencontrées. Quoi qu’il en soit, ne voyez pas dans notre article un quelconque dédain pour certaines spécialités puisque nous souhaitons au contraire découvrir avec beaucoup d’intérêt les connues comme les plus méconnues. J’espère que vous retiendrez plutôt de notre article notre plaisir à découvrir ou re-découvrir des œuvres ainsi que notre joie de discuter avec des étudiants passionnés.

      Très bonne soirée à vous si vous êtes à nouveau au Musée d’Orsay ce soir !

  • tristesse
    14 février 2013 à 14 h 05 min

    Comme précisé sur la brochure nous somme de l’edl, du conservatoire national supèrieur de musique de Paris et de médiation culturelle à Paris 3. Il n’y a donc pas de spécialité et nous avons, il semblerait, pour la plupart effectués nos recherches dans des catalogues raisonnés ou au service documentation du musée.

    Je comprends tout à fait votre point de vue sur la spécialité mais celle-ci (si elle en est une) était indiquée sur le prospectus. Notre discours était certes orientée selon nos gouts et je suis tout à fait d’accord que cela a son importance mais de la à parler de non expérience à cause de notre timidité du premier soir je ne suis pas d’accord.

    Il faut laisser sa chance à la jeunesse. C’est avec plaisir que je vous présenterai mon oeuvre de Caillebotte si vous souhaitez revenir et constater nos progrès.

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