Les Tudors au Musée du Luxembourg, passionnant !

Oyez, oyez, amateurs d’Histoire, férus de généalogie royale, fervents défenseurs de la couronne française, l’exposition Tudors est faite pour vous. Le musée du Luxembourg nous livre une exposition passionnante sur la dynastie des Tudors. Il faut dire que l’Angleterre possède aussi une histoire royale des plus folles, digne de nos Rois Maudits.  Alors laissez vos vieilles rancœurs anglicanes de côté et foncez voir cette expo !

Avec une bande-annonce RMNesque de qualité comme toujours, le ton est donné : sexe, pouvoir et trahison sont au programme. Il faut dire que depuis quelques années, les Tudors ne nous sont pas totalement étrangers notamment grâce au film Élisabeth mais surtout à la série Tudors (dont les tableaux sont beaucoup moins sexy, modernité oblige).  C’est donc en connaissance de cause que nous nous sommes rendues au Musée du Luxembourg pour voir les acteurs de cette période complètement folle.

Nous en apprenons davantage sur la politique et sur les us et coutumes de l’époque avec tout d’abord les alliances qui se faisaient entre cousins et ennemis. Il faut des portraits pour convaincre le marié (ou la mariée). Vitrine du royaume, ils véhiculaient toute la magnificence du pays. En médaillons ou petits tableaux, nous voilà devant le Meetic de l’époque où la politique a plus de poids que le physique ! En plus de petites miniatures, nous pouvons admirer des objets de leur quotidien (lettres, bougeoirs, livres de prières) et je pense plus particulièrement à la bague d’Élisabeth 1ère dont la référence à sa mère (assassinée par son père tout simplement) est pleine de délicatesse.

En suivant la scénographie en forme d’immense arbre généalogique, nous sommes happées par celui qui permettra à cette dynastie de prendre tout son essor, celui qui trône au centre de la pièce entouré de ses 6 épouses (tantôt assassinées, tantôt morte en couche, tantôt répudiés…) : Henri VIII. Majestueux, imposant et complètement royal, son portait peint par Hans Holbein en envoie. Et c’est certainement sa volonté car il ne faut pas l’oublier, nous sommes en pleine rivalité avec le très chrétien François 1er où le Camp du Drap d’Or échouera par suffisance du monarque français. La cour anglaise se dote de son propre courant artistique et bien évidemment du changement de religion dont les prémices semblent être affaire de jupes…

expo Tudors Musée du Luxembourg Frélie

Autour de lui, ses femmes aux destins aussi tragiques que surréels. Nous voilà devant un magnifique portrait de famille avec lequel nous suivons l’évolution des années comme en témoigne les portraits du Roi Édouard VI dont le règne très court n’échappe pas à Holbein. Les portraits de l’adolescent rappellent évidemment celui de son aïeul Henri VIII avec notamment la même posture.

L’autre personnage marquant de l’exposition est sans conteste Élisabeth 1ère, la reine vierge, accentuée par son opposition avec sa demi-sœur Marie la Catholique. Malgré les nombreuses propositions de mariages et donc d’alliances (notamment avec François, le fils de Catherine de Médicis) elle ne se maria jamais préférant forger son autorité à la tête de l’État et rétablissant les principes protestants. Nous pouvons d’ailleurs admirer dès le début de l’exposition la très belle robe ayant servie à Cate Blanchett pour les besoins du film Élisabeth 1ère. Une reine finalement assez moderne et entièrement dédiée à son peuple. Avec elle s’éteint la dynastie des Tudors (qui n’aura eu que cinq monarques) mais qui a permis l’essor de la Renaissance anglaise et les bases d’une église reformée.

expo Tudors Musée du Luxembourg Frélie

expo Tudors Musée du Luxembourg Frélie


5/5

Certes peu de monarques mais une réputation folle et passionnante qui a déchainé les auteurs dès le 19ème en les mettant au centre de leurs œuvres. Voilà donc une exposition qui est à la hauteur de l’ampleur médiatique de cette dynastie.
Il est aussi important de signaler le magnifique éclairage du Musée du Luxembourg qui sublime les œuvres. Trop de fois nous sommes gênés par ce détail ô combien important. Alors quand il est exceptionnel, il est de bon augure de le dire.
Enfin, le 16ème siècle a la côte à Paris car je serais très curieuse d’aller voir l’exposition François 1er à la BNF. Sur le papier, cela ressemble à un véritable bras de fer entre Henri et François. Pour ce qui est du côté Espagnol, nous laissons l’austérité de Velásquez au Grand Palais car il ne peut jouer dans le duel bling bling franco-anglais.


 INFOS PRATIQUES

Les Tudors
Jusqu’au 18 juillet 2015
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard – 75006 Paris
Horaires : tous les jours 10h – 19h30 / Nocturne le lundi jusqu’à 22h
Tarifs : Tarif plein : 12€ – tarif réduit : 7,5 €

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Fré

Fré

Fré est la caution historique de Frélie. Elle est passionnée par l'Histoire de France, par la photo et par le partage de ces découvertes. Vous la croiserez certainement déambulant dans un musée avec son appareil photo à la main (ou son smartphone pour prendre des photos en cachette).

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