Couv-Cloches

Les nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris

Pour le 850ème anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens. Nouvelles cloches, grand orgue nettoyé, installation sur le parvis, c’est dire s’ils ne se moquent pas de ses 14 millions de visiteurs annuels. Notre cathédrale prouve son modernise et sa volonté de nous faire partager cet événement hautement symbolique !

Le parvis
Lors d’une balade hivernale du mois de Décembre, nous avions été surprises de voir sur le parvis de Notre-Dame, un énorme gradin en face des portes. Il ne s’agit pas d’un gradin pour faire coucou et prendre en photo d’un peu plus haut les gargouilles mais d’un « chemin du jubilé ». Bon en gros, pour arriver à l’église, il faut emprunter (ou non) d’abord un beffroi où trois vitraux y sont installés. Nous n’y avons pas vu vraiment un intérêt mais bon. L’édifice est mastoc, bleu moche mais le logo de l’événement assez réussi. Puis en se dirigeant vers ND, une longue pente ascendante nous amène vers un gradin de 5 mètres de haut. Alors vous l’imaginez bien, tout le monde est agglutiné au centre pour faire la fameuse photo avec l’édifice. Cette installation sera présente pour un an, gâchant ainsi la perspective du parvis, ne vous en déplaise chers parisiens.

Notre-Dame de Paris Frélie

De nouvelles cloches
Depuis une semaine, un événement de grande importance s’est produit et il va de soi qu’on en parle, tellement le fait est majeur et sans doute le plus important de cet anniversaire… Je parle bien évidemment de l’arrivée des 9 nouvelles cloches. Voici un peu d’histoire pour que vous compreniez bien d’où viennent ces petites. Depuis la fin du 17è siècle, ND s’était vu équipée de belles cloches avec un bon son. Malheureusement lors de la Révolution, elles sont fondues pour en faire ce qui était indispensable à l’époque : des canons. Après assagissement des esprits sous le règne de Napoléon III, on décide de réinstaller de nouvelles cloches. Or elles sont de moins bonnes qualités et pour le coup dissonantes les unes par rapport aux autres (pratique). C’est donc très récemment qu’il a été décidé de les refondre pour en redonner le son d’origine et de les réinstaller en 2013 !

Elles ont toutes été fondues chez un fondeur de la Manche hormis « Marie » la petite grosse qui s’est refait une beauté aux Pays-Bas. Comme le faisaient leurs aïeux, les fondeurs ont utilisé les mêmes gestes ainsi que les même matériaux : des moules en crottins de cheval et en argile. Pour leur composition, elles sont faite en airain c’est-à-dire du cuivre (75%) et de l’étain (25%).

Notre-Dame de Paris Frélie
Bref elles sont arrivées toutes reluisantes le 2 février dernier à ND avec un son aussi harmonieux qu’une harpe malaxée par un ange sur un nuage… enfin elles sonnent juste quoi !

Dans l’ordre elles s’appellent de la petite à la petite grosse :
•    Jean-Marie, en mémoire du Cardinal Jean- Marie Lustiger, archevêque de Paris de 1981 à 2005.
•    Maurice, en mémoire de Maurice de Sully, 72e évêque de Paris, de 1160 à 1196, qui fit entreprendre en 1163 les travaux d’édification de la cathédrale actuelle.
•    Benoît-Joseph, en l’honneur du pape Benoît XVI.
•    Étienne, en l’honneur de saint Étienne, premier martyr, mais aussi nom de la basilique érigée à partir de 690 à l’emplacement actuel de la cathédrale.
•    Marcel, en l’honneur de saint Marcel, neuvième évêque de Paris à la fin du IVe siècle.
•    Denis, en l’honneur de saint Denis, premier évêque de Paris, vers 250, et patron du diocèse.
•    Anne-Geneviève ; en l’honneur de sainte Anne, mère de la Vierge-Marie et Geneviève, patronne de Paris.
•    Gabriel, en l’honneur de saint Gabriel, qui annonça la naissance de Jésus à la Vierge Marie. La plus grosse cloche de la Tour Nord portait déjà ce prénom au XVe siècle.
•    Marie pour le petit bourdon, en l’honneur de la Vierge Marie. Nom du premier bourdon de Notre-Dame, fondu en 1378.

Notre-Dame de Paris Frélie Notre-Dame de Paris Frélie 03 Notre-Dame de Paris Frélie

Je referme la page Histoire pour en venir à la pratique. Pour événement exceptionnel, dispositif exceptionnel. Après avoir reçu quelques bénédictions, elles sont actuellement disposées dans la nef centrale, permettant à tous les badauds de s’en approcher. Et c’est ce que nous avons fait le weekend dernier. Après avoir patiemment fait la queue pour rentrer dans le sacro-saint siège parisien, les cloches nous sont apparues. Perso je m’attendais à les voir de loin, bien alignées. Mais non : MIRACLE !! Elles étaient effectivement dans le nef et tout le monde pouvait les approcher, les toucher et les « taper » pour que sorte un micro bruit.

C’était vraiment très impressionnant. L’épaisseur de chacune d’entre elles est frappante et il va de soi d’être de plus en plus surpris vu qu’elles sont disposées par taille. En dessous de chacune, était indiqué la raison de son nom ainsi que son poids. Ce qui m’a frappé réside dans l’art du détail pour un outil que personne ne verra. L’inscription ND1163-2013 est très bien réalisée et commune à toutes. En fonction du nom, les graveurs ont travaillé sur la thématique. Par exemple la cloche Étienne est ornée de gravure façon pierres. Dilapidé, les pierres qu’on lui aurait lancé se seraient changées sur sa tête en une couronne de pierres précieuses. Bref il faut quand même avoir une bonne culture catholique pour tout comprendre… Mais sinon c’est vraiment très réussi !

Notre-Dame de Paris Frélie

Rénovation de l’Orgue
Je passerai outre les rénovations du Trésor ainsi que celles de l’éclairage intérieur qui sont déjà effectives. Il reste encore à parler de la dernière campagne : le nettoyage du grand orgue datant du 15ème siècle. Le chantier a en réalité déjà commencé puisque la transmission informatique a été mise à jour (les derniers dataient de 1991). La dernière phase se fera dans 1 an avec le démontage général de l’instrument, la restauration et le remplacement de divers mécanismes et éléments anciens ainsi que la restauration des tuyaux de façade (environ 12000). Armez-vous de patience pour pouvoir réécouter du bon son 🙂 Ce chantier est lui financé par l’État.

Notre-Dame de Paris Frélie


5/5

Le coup total de cette grosse manœuvre s’élève à 6,5 millions d’euros (2,5€ millions d’euros pour les cloches et entièrement composés de dons). N’hésitez pas à vous déplacer pour aller voir les cloches car après elles ne seront plus accessibles ou du moins, pas d’aussi près. Elles sont exposées au grand public jusqu’au 28 février et seront ensuite installées pour sonner la toute première fois le 23 mars pour les Rameaux.


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Fré

Fré

Fré est la caution historique de Frélie. Elle est passionnée par l'Histoire de France, par la photo et par le partage de ces découvertes. Vous la croiserez certainement déambulant dans un musée avec son appareil photo à la main (ou son smartphone pour prendre des photos en cachette).

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